Qui sommes-nous ?

Constat

L'intérieur de la Guyane est particulièrement touché par les difficultés d’accès à l’électricité. Dans ces territoires, la notion de service public de l’énergie est alors mise à mal. 80 000 citoyens français de l’intérieur guyanais, habitant le long des deux fleuves frontaliers de l’Oyapok et du Maroni, souffrent d’une discrimination majeure.

Trop éloignés du littoral, ils ne peuvent pas être raccordés au réseau et sont donc alimentés en électricité par des systèmes électriques autonomes de très petite taille. Parmi eux, il faut distinguer ceux qui résident dans des bourgs de ceux qui habitent dans des « écarts ».

L’intérieur de la Guyane, déconnecté du réseau électrique du littoral et isolé géographiquement, a souvent constitué un cas spécifique de l’histoire de l’électrification rurale. Ainsi, de nombreux programmes photovoltaïques ont été développés avec le FACE (Fonds d’Amortissement des Charges d’Electrification) dans certains écarts des principales communes des fleuves frontaliers, en plusieurs étapes (en 1997 à 3 Sauts, en 2002 et 2004 à Camopi, en 2004 pour les logements des professeurs sur le Haut-Maroni pour les plus récentes), avec plus ou moins de réussite.


Une centaine de diagnostics ont été réalisés en 2011 par 2 des membres de l’association à Camopi et sur le Haut-Maroni à la demande d’EDF. L’un des constats majeurs relevant de ces missions est que les programmes d’électrification ont été un échec. Or sans accès à l’énergie, le développement de ces territoires n’est pas possible.

Ces missions de diagnostics ont entre autre mis en évidence les points suivants :

  • De nombreux vestiges d’installations gisent dans les villages, en particulier sur 3 Sauts et Camopi : si certains éléments (parcs de batterie en particulier) sont hors d’usage, il reste quelques panneaux, pour certains enfouis sous la végétation, qui peuvent être réutilisés.
  • De nombreuses familles n’ont toujours pas accès à l’électricité. Cela empêche certaines d’entre elles de proposer des services (hébergement, restauration, …) pouvant être source d’amélioration des revenus et des conditions de vie.
  • Il n’y a pas de véritable appropriation des installations par les populations concernées par les programmes d’électrification. En effet, les bénéficiaires d’installations photovoltaïques n’ont rien eu à payer et n’ont même pas été formés à l’utilisation de l’énergie solaire (gestion du parc batterie, de la production et surtout de la consommation). Le fait de ne pas payer pour un outil ou un service ne favorise pas son appropriation par les utilisateurs, qui délaissent les installations, et ne réalisent pas l’entretien minimal nécessaire à leur bon fonctionnement.
  • Sans maintenance, l’entreprise d’électrification reste vaine : ce constat, bien connu, reste aujourd’hui flagrant. Aucune personne n’est localement compétente pour effectuer une maintenance de premier ordre sur ces installations et entretenir a minima les systèmes. De plus, dans bien des cas, les entreprises du solaire du littoral n'ont pas été mandatées par la collectivité ou EDF, qui avaient en concession certaines de ces installations, pour assurer l'entretien ou la formation des usagers.
  • Il reste de nombreux écarts non électrifiés : sur la rivière Camopi, sur l’Oyapock, ou le long du Maroni, de nombreux écarts sont totalement dépourvus d’électricité. Par conséquent, les habitants se débrouillent seuls et doivent faire face à des dépenses très élevées pour bénéficier d'un service énergétique très médiocre. En effet, ils utilisent pour la plupart des groupes électrogènes fonctionnant avec un carburant hors de prix. Le budget électricité oscille entre 200 et 800 euros par mois pour les familles disposant d'un groupe.

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